D’aussi loin que peuvent remonter mes souvenirs d’enfance, ils sont étroitement liés à la mode…
Ainsi, à la manière de n'importe quel quidam qui participe à l’un de ces "indigestes" télé-crochets qui pollue le paysage audiovisuel français et justifie sa présence par l’idée saugrenue que si son entourage lui prête un certain talent, alors que le son émis par ses cordes vocales est aussi indigeste que le ricanement de la hyène tacheté d’Afrique, c’est parce qu’il a un "don" identifié dès son plus jeune âge alors qu’il hurlait dans les jupes de sa mère comme un supplicié dont on torture les chairs ; de même, je serais tenté de vous baratiner et vous dire qu’à 6 mois, alors que je ne savais encore ni marcher, ni parler, je gribouillais des croquis à faire pâlir de jalousie le grand Karl, créais de véritables collections de vêtements pour les figurines étiquetées MATTEL, piquées à ma cadette.
Mais non, rien de tout cela !! Toutefois, au moment ou certains de mes copains ados pouvaient se damner ou essayaient de monnayer la virginité de leur sœur pour un survêt’ siglé PSG, j’étais, moi, jeune gavroche désargenté, un passionné d’élégance.
Cet univers, que je découvrais enfant, grâce au tube Téléfunken qui déversait dans notre salon, les images d’acteurs hollywoodien à l’esthétisme magnifié… Cet "art de vivre", que j’admirais à travers les magazines spécialisés récupérés en cachette de mes parents chez Jeanne la libraire, m’a longtemps été inaccessible et, bien avant de porter les souliers et costumes qui me faisaient autant saliver qu’un Mont Blanc de chez Angélina, j’ai appris à reconnaitre par le détail ce que je ne pouvais encore me payer.
De fait, c’est en usant la semelle de mes Converses dans les rues de la capitale, disséquant les tenues des élégants que je croisais près d’Arnys, Hildicht & Key, Old England, Charvet, John Lobb, Berluti ou Weston... en trainant après l’école dans l’arrière-boutique d’un tailleur de quartier que j’ai appris la façon de bien se vêtir, mélanger les genres et trouver son propre style.
A la place des formules de math et des règles de grammaires que l’on cherchait à me fourrer dans le crane, j’ai accumulé, classé, rangé dans les tiroirs de mon cerveau afin de les reproduire ensuite sur tout mes cahiers d’écolier, des centaines de silhouettes élégantes, des "instantanés" d’une certaine manière d’être, d’un monde ou le futile est primordial, l’inabordable souvent indispensable…
Si donc, je me lance aujourd’hui avec autant de délice dans la création de ces pages qui je l’espère vous divertiront, je vous rassure ce n’est ni pour justifier mes "préférences" vestimentaires, ni pour ériger en diktat une énième chartre du bon goût. Il s’agit très simplement de partager avec vous mon addiction pour les beaux vêtements et une certaine idée du "bon goût", à travers ce que l’on peut trouver de mieux à Paris.
Pourquoi les Parisianistes ? Parce que je suis parisien d’adoption, parce que Paris est la plus belle ville du monde. Parce que c’est à Paris que l’on trouve les plus grands artisans, les plus grands artistes et que par extension, c’est ici que tous les styles se rencontrent, se mélangent et s’enrichissent…
JJL pour LES PARISIANISTES