Si votre environnement professionnel vous permet d’alterner aux grés de vos envies, tenues casual et tenues plus formelles, vous pouvez vous considérer comme un p’tit “vernis”. Ainsi, si chaque matin, cols blancs et cols bleus prenaient le temps de s’habiller élégamment, cela suffirait très certainement aux premiers consommateurs mondiaux d’antidépresseur que nous sommes, de retrouver un moral d’acier et aiderait dans le même temps notre pays à réduire de manière significative, le déficit abyssal de la Caisse d’Assurance Maladie.
A l’image de Steve Mac Queen dont l’aisance et l’élégance ne sont plus à démontrer, soyez-vous-même mais soignez votre apparence... Si les tenues du “King of Cool” vous semblent de prime abord assez basiques, sachez que son souci du détail était proportionnel à l’image décontractée qui le caractérisait. Ainsi, il faisait systématiquement ajuster à ses mesures T-shirt, jeans, chino et coupe-vent par son tailleur. Cool, ne veut pas dire débraillé !! De fait, l’interprète de l’Affaire Thomas Crown est devenu l’une des plus belles allures du cinéma hollywoodien ; De la parka Barbour aux lunettes Persol en passant par le cardigan à col châle devenu un basic de chez Drake’s à la mythique Monaco de Tag Heuer, de nombreux éléments de sa garde-robe sont devenus des pièces incontournables du dressing masculin.
Les Parisianistes se sont arrêtés sur ses pieds… plus précisément sur les derbys montants appelés “Desert boot” qu’il portait au cinéma comme à la ville.
A l’origine, dans les années 40, ce sont les officiers de l’armée anglaise postés en Birmanie qui se font fabriquer ce modèle de chaussure inspiré des bottines militaires des natifs du pays. Plus tard, la Desert boot (qui ne porte pas encore ce nom) sera officiellement intégrée à la tenue règlementaire des soldats britanniques dans les contrées à la chaleur extrême, où le port des habituels brodequins de marche en cuir rigide est insupportable. Composée d’une semelle en crêpe qui la rend extrêmement légère, elle est pourvue d’un laçage simplifié à quatre œillets et d’une tige haute qui empêche le sable de pénétrer à l’intérieur du chausson.
Il faut attendre le début des années 50 pour que la Desert boot soit commercialisée par l’intermédiaire de l’entreprise familiale CLARKS, premièrement aux Etats-Unis où son coté “so british et cheap” la rend très populaire, puis dans les années 60, en Europe.
Ascendant direct de la Desert boot, la chukka conçue par le bottier anglais CROCKETT & JONES propose en terme de confort et d’élégance, ce qui ce fait de mieux dans le genre. En dehors du fait qu’il s’agisse également d’un derby montant, la “Chukka” n’a rien de commun avec la Desert boot. Issu de la gamme Main Line, la Chukka est fabriquée dans un veau velours non doublé qui sublime ses rondeurs sensuelles. Le dessin légèrement effilé de la forme permet de créer un équilibre parfait entre esthétisme et confort, ce qui permet à ce derby d’être quelque soit l’époque, plein de modernité.
Sur semelle cuir ou gomme, le montage est un cousu Goodyear qui permet un ressemelage infini (contrairement à la Desert boot qui bénéficie d’un montage simple, dit “cousu sandalette”). Le nom de ce derby à trois œillets fait référence à l’élitiste jeu de Polo dont les parties se déroulent en différentes périodes de 7 minutes 30, chacune appelées "chukka". Ainsi donc, nombres de joueurs dudit “sport” ont adopté en dehors du jeu la Chukka pour détendre leurs pieds libérés du carcan de leurs bottes de protection…
Fort du succès de la Chukka, CROCKETT & JONES propose régulièrement à la vente de nouveaux coloris mais conserve le même processus de fabrication qui comprend plus de deux cent opérations distinctes et cela depuis plus de 60 ans. Maintes fois imités, maintes fois réadaptés par des bottiers talentueux ou de simples chausseurs, le modèle iconique de la manufacture de Southampton est selon nous celui qui saura le mieux vous ravir. Le port d’une paire de Chukka est fortement conseillé au quotidien pour son confort et pour l’allure élancée qu’elle vous confère. Avec un simple jean, un Chino et même des pantalons de flanelle… sans pinces. Une seule règle à respecter selon nous : porter des pantalons ajustés qui ne “cassent” pas sur la chaussure !
